Parcours d'Art-Bres
Un concept original, complexe et cohérent
Se faire une idée
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La notion de concept est importante de nos jours où une grande diversité d'événements et d'animations en plein air coexistent en Belgique pendant la période de Pâques à La Toussaint.
Le public connaît bien les brocantes, les foires artisanales, les concerts, les randonnées. Il connaît moins bien les expositions Land-art de Gesves ou Le Vent des Forêts en Lorraine.
Le concept vient expliquer, entre autres, en quoi Parcours d'Art-bres se distingue des deux dernières manifestations citées. Il donne ainsi une identité forte à l'événement.
Au moment d'organiser de nouvelles éditions, le concept nous servira de guide pour choisir entre plusieurs options afin de conserver l'esprit que nous souhaiterons à cet événement.
Le concept de Parcours d'Art-bres a pris sa forme actuelle entre l'édition 2007 et 2008 à partir des choix implicites que nous avons fait pour organiser la deuxième édition de cet événement. Exprimer clairement ces choix est un exercice plus hasardeux.
Eviter de choisir
A la question traditionnelle, « Parcours d'Art-bres est-il un événement nature ou un événement artistique ? », nous répondons « il est les deux ». Les deux composantes ont la même valeur puisqu'elles se renforcent mutuellement.
Le dialogue, l'interaction entre l'œuvre, le thème et le lieu d'exposition sont l'essence même de Parcours d'Art-bres. Les caractéristiques de l'arbre ou du lieu d'exposition donnent sens à l'œuvre et en retour l'œuvre suggère, souligne une qualité de l'arbre ou du lieu.
Par exemple, en 2008, l'installation « Visite du pays sans arbre » a été placée sur la plus grande pelouse du jardin du Prieuré, bien à l'écart des autres œuvres. Cette pelouse plus « sauvage » que les autres avait inspiré cette œuvre.
De même pour les spectacles et les animations créatives qui sont localisés en fonction d'un lieu que nous estimons adapté. Leur présence transforme temporairement ce lieu en y apportant un brin de magie.
Ainsi, les bois, jardins, pelouses et arbres qui accueillent les œuvres ou les spectacles ne sont pas des salles d'exposition ou de spectacle en plein air, ils en font partie intégrante.
Pluridisciplinaire
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Notre approche est pluridisciplinaire. Toutes les formes artistiques sont les bienvenues pour autant qu'elles soient « compatibles » avec une présence en plein air et qu'elles supportent les intempéries. Les arts plastiques (la sculpture, la peinture, la céramique, la photo...) peuvent s'associer aux installations Land-art. Les arts de la parole (le conte, le théâtre, les visites commentées), la danse, la musique ont également leur place. Les activités créatives et sensorielles, comme le « Parcours tactile » en 2008, auxquelles participent des enfants, alors que nous aimerions éveiller l'âme enfantine qui hiberne chez les adultes, compètent les œuvres et les spectacles. Enfin, la scénographie permet d'établir un cheminement intéressant entre les œuvres et entre les lieux.
Toutes les disciplines mentionnées se rencontrent, se complètent, se renforcent. Chacune ajoute au propos de l'autre. Aucune n'est supérieure à une autre.
L'approche pluridisciplinaire permet à des personnes venant d'horizons différents de se rencontrer à l'occasion de la préparation de Parcours d'Art-bres et d'échanger leur expérience.
Les œuvres et les artistes
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Art, artisanat, « bricolage », nous préférons éviter d'entrer dans les débats qui cherchent à tracer des limites entre ces disciplines. De même, nous choisissons d'ignorer les nombreuses tentatives qui essaient de définir l'art, fut-il moderne, contemporain ou ancien. Du moment qu'un objet, aussi commun soit-il, peut apporter un message, une émotion, un questionnement à un visiteur (voir le thème. « tout public » ci-après) parce qu'il a été déposé à un endroit précis, il convient à Parcours d'Art-bres.
Une partie des œuvres et des installations est créée uniquement pour être exposés pendant deux après-midis. Pour cette raison, nous évitons de mettre l'accent sur le fini, le rendu, la sophistication de l'œuvre. Elle peut être simple, faite de trois fois rien. Le principal est qu'elle serve un propos.
Les artistes peuvent être aussi bien des élèves d'école primaire que des personnes reconnues dans le milieu artistique.
Le logo
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Le logo est bien représentatif de l'idée de Parcours d'Art-bres. L'arbre symbolise pour l'Humain le lien entre la terre et le ciel: la terre qui le nourrit physiquement, et le ciel qui lui apporte symboliquement la créativité. Le cœur, qui en s'ouvrant, éveille ses sens pour ressentir ce qu'apportent la terre et le ciel. Chaque individu peut construire son propre rapport à la terre, au ciel, à ses propres émotions. Cette diversité est représentée par les anneaux concentriques.
Le parcours
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En 2007, nous proposions d'aller à vélo d'arbre en arbre à la rencontre d'œuvres et des artistes qui s'étaient laissés inspirer chacun par leur arbre. Les circuits faisaient environ quinze kilomètres. En 2008, nous avons regroupé l'événement sur trois sites proches tout en gardant pour chaque lieu l'idée de cheminement. Elle est le troisième pilier de Parcours d'Art-bres et a la même importance que les deux autres: l'art et la nature qui interagissent.
Le parallèle symbolique entre l'humain et l'arbre, que nous esquissons dans le commentaire sur le logo ci-après, s'arrête avec l'idée de parcours. L'homme est libre de se déplacer, d'avancer, de choisir une direction. L'arbre est enraciné, il reste toujours au même endroit. Les modifications, les évolutions ou les transformations se déroulent autour de lui. En proposant un parcours qui se fait dans un ordre donné, nous souhaitons souligner cette opposition: la vie de l'arbre est statique, celle de l'homme prend une direction, même si la destination est incertaine.
Tout public (chacun à son niveau)
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Même si nous exposons notre concept à grand renfort de détails et de longues phrases que nous espérons compréhensibles, le résultat est destiné à tous les publics. Les enfants se laissent plus facilement émerveiller par des choses simples, incongrues, inattendues que les adultes. Ces derniers ont plus de facilité pour discerner la symbolique des œuvres, pour saisir des abstractions, pour comprendre des messages philosophiques ou spirituels qui peuvent également être apportés par les œuvres.
Privilégier la vie
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Nous nous intéressons aux arbres quand ils sont vivants. Nous savons qu'il sont abattus pour que leur bois soit utilisé pour de multiples usages: le mobilier, le bâtiment, le papier, du combustible. Des arbres sont également cultivés pour devenir des sapins de Noël. Nous savons que les forêts d'Amazonie et de Bornéo régressent. Nous savons que des forêts brûlent régulièrement en France et plus récemment en Californie, en Espagne et en Australie. Autant de raisons pour avoir de la considération pour ces arbres qui bordent nos routes, meublent nos jardins, nos bois et nos forêts, pour penser à ce qu'ils évoquent en nous tant qu'ils sont sur pied. En résumé, nous préférons célébrer la vie que pleurer la mort.
Les limites et les difficultés
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Il nous est relativement facile d'écrire de belles phrases qui correspondent à de nobles idées. Il nous est plus difficile de les mettre en pratique.
Avec nos partenaires, les artistes, nous nous retrouvons parfois dans deux dynamiques parallèles. Tel lieu nous inspire une idée, et cette idée s'inscrit dans une logique globale pour l'ensemble de l'événement. De leur côté, des artistes voient et ressentent d'autres choses quand ils viennent sur place et il arrive que leurs propositions soient en décalage avec notre propos. Parfois, ils nous proposent de nous prêter une œuvre déjà existante. A nous alors de trouver une idée, un artifice mental pour que l'œuvre proposée trouve une place adaptée. En 2008, comme le jardin du Prieuré offre une diversité végétale, de coins et de recoins, cet exercice de « matching » d'une œuvre et d'un lieu a été aisée. Nous espérons qu'il en sera ainsi pour des lieux plus uniformes.